Avant de vendre ou de reprendre un cabinet, une question revient toujours : combien vaut vraiment cette patientèle infirmière ? On vous explique simplement comment l'estimer, à partir de votre chiffre d'affaires, des bons documents comptables et des prix réellement pratiqués en 2026.
Par la rédaction cessionpatientele.fr · Mis à jour le 14 juin 2026 · Contenu relu par notre avocat partenaire
Une patientèle ne se possède pas vraiment. Ce que vous cédez, c'est un droit de présentation : vous présentez votre successeur à vos patients et vous l'aidez à prendre votre suite. C'est un bien incorporel, et chaque patient reste libre de choisir un autre soignant.
La cession d'une patientèle libérale est autorisée depuis l'arrêt de la Cour de cassation du 7 novembre 2000, tant que le libre choix du patient est respecté (art. L.1110-8 du Code de la santé publique). Le contrat doit ensuite être transmis dans le mois au Conseil départemental de l'Ordre des infirmiers.
La patientèle, c'est le cœur de la valeur. Le fonds libéral va plus loin : il comprend aussi le matériel, le droit au bail, la ligne téléphonique, les dossiers patients et toute l'organisation du cabinet. Bien définir ce que vous vendez, c'est déjà fixer une bonne partie du prix.
Il n'existe pas de barème officiel. Dans la pratique, on retient un pourcentage du chiffre d'affaires brut moyen des trois derniers exercices. Pour un cabinet IDEL, ce taux se situe le plus souvent entre 20 et 50 %, selon la zone, la tournée et le type de soins.
Du chiffre d'affaires brut moyen sur 3 ans. Le haut de la fourchette concerne les patientèles fidèles, en zone tendue, avec une tournée dense et des soins réguliers.
C'est l'écart de prix réellement observé sur le marché infirmier, tant les situations varient d'un territoire à l'autre.
La période de référence. On lisse le chiffre d'affaires sur les trois derniers exercices clos pour gommer les années un peu atypiques.
| CA brut moyen / an | Bas (20 %) | Médian (35 %) | Haut (50 %) |
|---|---|---|---|
| 50 000 € | 10 000 € | 17 500 € | 25 000 € |
| 70 000 € | 14 000 € | 24 500 € | 35 000 € |
| 90 000 € | 18 000 € | 31 500 € | 45 000 € |
| 120 000 € | 24 000 € | 42 000 € | 60 000 € |
Valeurs indicatives (CA × taux). Le taux réel dépend de la zone, de la tournée et du type de soins. Pour aller plus loin, vous pouvez faire estimer votre patientèle.
Additionnez le chiffre d'affaires brut des trois derniers exercices (vos 2035), puis divisez par trois. Vous obtenez la base du calcul.
Mettez de côté ce qui ne se reproduira pas : une année particulière, des actes exceptionnels et les indemnités de déplacement (IFD/IK), qui peuvent disparaître.
Situez votre cabinet entre 20 et 50 %. Une zone sous-dotée, une tournée regroupée et des patients fidèles tirent le taux vers le haut.
Ajoutez le matériel et le local s'ils sont inclus, et pensez à la plus-value du vendeur, car c'est elle qui détermine ce que vous touchez vraiment.
Trois documents servent à bâtir un prix solide et à le défendre. Réclamez-les si vous reprenez, préparez-les si vous cédez, avant même de parler chiffres.
La liasse fiscale BNC des trois derniers exercices. Elle donne les recettes, les dépenses et le bénéfice, et sert à calculer le chiffre d'affaires moyen.
Le relevé d'activité fourni par l'Assurance Maladie. Il confirme les honoraires conventionnés réellement perçus.
Le relevé individuel d'activité et de prescriptions. Il détaille la nature et le volume des actes, donc la solidité de la patientèle.
La cession génère une plus-value imposable. Si vous exercez depuis au moins 5 ans, elle peut être totalement exonérée quand la moyenne de vos recettes annuelles reste sous 90 000 €, et partiellement entre 90 000 € et 126 000 € (article 151 septies du CGI).
Les cessions sous 23 000 € sont exonérées de droits d'enregistrement. Au-delà, un barème progressif s'applique. Bonne nouvelle : sous conditions, le rachat peut être amorti sur 10 ans (loi de finances 2022).
Chaque situation a ses particularités. Sur la plateforme, toute la partie juridique et fiscale de l'acte est prise en charge par notre avocat partenaire spécialisé.
Appliquer un taux à un chiffre d'affaires gonflé par une année particulière ou par des indemnités qui vont disparaître, c'est l'erreur la plus courante. C'est aussi la première raison pour laquelle une patientèle ne trouve pas preneur.
En zone sur-dotée, l'installation du repreneur peut être bloquée. Une patientèle qui paraît belle sur le papier ne vaut rien si personne ne peut s'installer pour la reprendre.
En moyenne, 20 à 30 % des patients ne suivent pas. Une présentation faite trop vite fait monter ce chiffre, et le repreneur le déduira du prix.
Vendre « le cabinet » sans distinguer ce qui relève de la patientèle, du matériel ou du bail brouille le prix et fragilise l'acte.
Une fois la valeur posée, place à la transaction. Sur notre plateforme dédiée à la cession de patientèle infirmière, vous publiez gratuitement votre annonce, vous recevez des candidatures vérifiées, et chaque contrat est validé par notre avocat partenaire, avec séquestre des fonds si nécessaire.
On part du chiffre d'affaires brut moyen des trois derniers exercices (vos déclarations 2035, confirmées par le SNIR). On le retraite de ce qui ne se reproduira pas, puis on applique un taux de 20 à 50 % selon le profil du cabinet. On ajoute enfin le matériel et le local si la vente les inclut.
En pratique, entre 20 et 50 % du chiffre d'affaires brut moyen sur trois ans. Le haut de la fourchette correspond aux patientèles fidèles, en zone tendue, avec une tournée dense et des soins réguliers. Le bas correspond aux patientèles plus volatiles en zone sur-dotée.
Oui, mais l'installation du repreneur peut y être encadrée par les règles de zonage. Dans ces zones, le rachat du droit de présentation est souvent une condition pour pouvoir s'installer, ce qui peut soutenir la demande ou au contraire la freiner s'il y a peu de candidats.
Trois pièces suffisent : la déclaration 2035 des trois derniers exercices, le relevé SNIR et le relevé RIAP. Elles permettent de vérifier le chiffre d'affaires, les honoraires conventionnés et la nature des actes.
Oui, sous conditions. Le dispositif de la loi de finances 2022 permet d'amortir l'acquisition d'un fonds libéral sur 10 ans. Comme chaque cas est différent, faites valider votre éligibilité par un professionnel.
Vous pouvez faire estimer votre patientèle en ligne pour obtenir une première fourchette de prix à partir de votre chiffre d'affaires et des caractéristiques de votre cabinet.